Etudiants, pratiquez l'errance mentale !

Ce n'est pas une surprise mais une confirmation d'un fait déjà bien établi par les neurosciences : le cerveau ne peut travailler avec efficience durant un temps trop long. Au contraire, les pauses permettent de régénérer nos capacités attentionnelles, de "rafraichir" notre attention.

Cyril Couffe, chercheur à Grenoble École de Management (GEM) et membre de la chaire talents de la transformation digitale, l'a encore constaté à travers une étude sur les bienfaits des pauses au travail.

 

S'autoriser une "errance mentale"

Ces recherches partent d’un constat : notre cerveau a des modes de fonctionnement différents, dont un mode ‘par défaut’. Découvert il y a 10 ans, ce mode ‘par défaut’ veut dire qu’un ensemble de cellules de notre cerveau ‘s’activent’ quand on ne fait rien. 

"Pour contrecarrer la surcharge mentale, nos recherches montrent qu’il faut activer volontairement le mode ‘par défaut’, explique Cyril Couffe. S’autoriser une errance mentale, laisser ses pensées vagabonder. Idem pour les sentiments et les sensations : ne pas les brider".

 

Une étude sur trois groupes d'étudiants

Pour analyser les bienfaits de ce mode ‘par défaut’ sur la productivité au travail, Cyril COUFFE a réalisé 2 études dont l'une auprès d’étudiants de GEM. Il a demandé à 3 groupes d’étudiants de réaliser, pendant 45 minutes, une tâche relativement complexe de gestion de planning.

- Le 1er groupe, appelé le "groupe contrôle", ne bénéficiait d’aucun temps de pause durant les 45 minutes de travail.

- Les deux autres groupes bénéficiaient d’une pause de 60 secondes, tous les quarts d’heure. A une différence près : durant cette pause, le second groupe devait écouter simplement un texte, et le troisième groupe devait mémoriser précisément le contenu du texte. La concentration requise pour la mémorisation du texte supprimait de fait toute possibilité d’errance mentale.

 

And the winner is...

Cyril Couffe constate une chute graduelle et permanente de la performance au cours des 45 minutes. Les résultats du second groupe, auquel l’errance mentale est autorisée, montre au contraire une inversion de la courbe à la fin de l’exercice. Cela peut être expliqué par une remontée des capacités attentionnelles ou même un maintien de sa concentration pendant plus longtemps.

Au total, ce second groupe enregistre même un score supérieur de 10% par rapport aux deux autres groupes. Résultat : l’errance mentale permet d’observer une très nette différence, non seulement sur les capacités attentionnelles, mais aussi en termes de gain d’énergie et de disponibilité.

 

Pendant vos pauses, laissez vos yeux et votre esprit vagabonder

Cela vient confirmer ce que nous voyons dans la formation en ligne Méthodo Campus sur l'attention : pour maintenir son attention correctement sur une tâche, il faut s'arrêter quelques instants dès qu'on sent que l'on n'arrive plus à se concentrer efficacement. Il faut donc organiser ses séances de travail en prévoyant des pauses régulières pour retrouver une bonne attention.

Et pendant vos pauses, ne restez pas les yeux vissés sur votre smartphone ou sur Facebook mais pratiquez plutôt "l'errance mentale" en laissant votre esprit et vos yeux vagabonder au loin... 

 

 


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